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L'improbable voyageur

L'improbable voyageur

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L'improbable voyageur

Karine van de Velde écrit comme elle peint, avec un art consommé pour ouvrir grand les portes de l’imaginaire et un sens du détail qui pique la curiosité. Avec un rapport au temps qui respecte la chronologie et pourtant nous suspend dans une intemporalité éternelle. C’est d’abord surprenant et très vite envoûtant.

Son premier roman se situe à l’époque des colonisations françaises et britanniques avec Gouverneur, palais protégé des indigènes et tout ce qui s’ensuit. Mais les descriptions minutieuses d’un petit peuple qui attend au port l’arrivée des pinasses nous projettent bientôt à notre insu dans un univers de conte où désert et oasis se côtoient,  où vole le moula-moula, où des fétichistes voient l’avenir dans les cauris. Nous marchons page après page dans les pas de cet Improbable voyageur à la rencontre de populations aussi fascinantes que le vocabulaire de l’auteure. Mais cet homme existe t-il vraiment ? Est-il un espion ? N’est-il qu’une légende ?

Le héros, loin de ses rumeurs, poursuit son chemin et, les années passant,  commence à douter de ses choix, profondément humain dans ses doutes, à la merci de son Destin, dans un monde où la Guerre menace et semble rétrécir le désert. Le roman prend alors des accents de tragédie grecque. Le lecteur avide attend les révélations qu’il devine et espère que la fatalité n’aura pas le dernier mot. Et jusqu’au bout, dépaysé,  il suivra la quête de cet Improbable voyageur, avec à la dernière page l’envie de revenir à la première ligne pour revivre cette improbable aventure au cœur de cette Afrique magnifiée par l’amour et le talent de l’auteure.

Véronique Serer

Cagnes, 14 juillet 2017