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Le moineau

Le moineau

9791093510101

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 Le Moineau" prend toute sa dimension dans le film. Violence parentale, enfant torturé, adolescente révoltée. L'angelot en larmes représente l'enfant enfermé dans le placard que sa soeur visite et défend contre le père abusif.

Lecteurs :

Je viens de terminer la lecture du recueil de Anne Stien, "Le moineau". Le vol en sa compagnie fut très agréable et sans turbulence. Assurément un ouvrage qui stimule le goût de la lecture. Les textes sont courts, précis, bien écrits, insolites, parfois surprenants. Les grandes questions existentielles, la vie, la mort, l'amour, la quête de l'absolu et de l'éternité me ramènent à Somerset Maugham et son remarquable "Fil du rasoir". J'ai retenu une très belle phrase d'Anne Stien : "Je ne suis qu'un vieux sac de voyage dont les roulettes ont rendu l'âme". Choix judicieux de Cécile Langlois. Très originale l'anti-préface. Que dire de plus sinon de vous le procurer et de l'offrir aussi. Un beau cadeau pur un ami ou une amie.

Bernard Dupuis Juin 2015

 

Critique de Bernard Gallois

Familier, le moineau ? Regarde-donc de plus près son bec omnivore et ses pattes de dinosaure.  Reste-t-il un peu de reptilien sous les froufrous de l’envol ? Et cette bavette noire sous l’œil perçant… des traces de larmes ou le noir regard de l’inhumanité ? Quelles reliques sauvageonnes dans la bête domestiquée ?

Si, comme moi, tu en as un peu marre du bof des narrations mollassonnes où tout s’explique et rien ne surprend… si tu t’en fiches que le nid soit un peu hétéroclite quand tu y trouves des œufs qui ne sont pas de pigeon mais des perles d’eau douce… voici ma prescription : lis Le Moineau.

Et ne te laisse pas endormir par la remarquable maîtrise du style… n’oublie pas cette lapalissade : on ne maîtrise que ce qui est rebelle. Sinon, où serait le talent ?

Bernard Gallois

3 février 2015

Critique de Monique Douillet
Parlons du moineau

« Le moineau » est à la fois le titre du recueil de nouvelles d'Anne Stien et la nouvelle qui clôt le livre d'histoires inspirées de faits sociaux politiques, historiques ou divers pour les unes et intimistes pour les autres. Anne a l'art de saisir le moment où la raison bascule...

Et justement, la nouvelle intitulée « Le moineau » les réunit tous, en commençant pianissimo, léger et poétique, avec des bulles de savon qui transportent le rêve d'une préadolescente nommée « Élisa, comme la chanson ».

« Le tourbillon », qui précède ce moineau aurait pu faire aussi la une d'un fait divers dans la grande presse, sur fond de cette terrible guerre entre la Croatie et la Serbie. Mais aurait-on su, à travers un article de journal, parler si bien du caractère fantasque de l’héroïne ?

Oups ! Avec « Jeux de mains », on change de registre et de ton : mystère, surprise, sourire et bling-bling ! L'affaire est menée en un tournemain, c'est un tour de prestidigitation.

Sucre et sel, « Le trousseau de clefs » est une confidence. On est dans l'intime cette fois, la nostalgie, douce-amère, mais sachant garder une distance souriante avec le désespoir.

« Amour amer » la précède. Mais je ne vais pas vous égrener les titres en rembobinant.

D'autant que l’écriture d’Anne se caractérise d'abord et avant tout dans la manière, je dirais la musique qu'elle imprime à sa langue, alternant des phrases courtes, pressées, des affirmations péremptoires parfois et à d'autres moments des phrases longues qui prennent leur temps de délibérer entre deux virgules, puis d'apporter une précision utile, une image : « la mer aux liserés d'écume blanche ».

Anne nous offre une écriture travaillée, mais au sens « lissée », pas au sens « précieux
ou recherché ». Le travail ne se voit pas, ça coule avec une élégance naturelle. Ne vous y trompez pas, c'est le résultat d'années de travail. Je peux l'affirmer, car je la lis maintenant depuis longtemps. Quelle évolution ! Mais peu importe au lecteur le travail ! Le plaisir et l'esprit, voilà ce qu'il recherche, une histoire habilement tournée, une chute bien conduite.

Alors, pas d'hésitation, ce petit recueil est un régal.

Monique Douillet

27 Janvier 2015