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L'ordonnance du colonel

L'ordonnance du colonel

L'ordonnance du colonel . Auteur Charles Guyon.

 

Retour lecteur: Mai 2015

"Les Stones", "La Gibson"... hum un recueil qui s'annonce rock'n roll !

Et il l'est puisque les dix-neuf textes écrits à l'encre amer et parfaitement rythmés nous secouent, nous bousculent, nous font vibrer. Yeah !

Charles-Yves Guyon a en plus l'art de planter le décor et surtout l' ambiance en quelques lignes. Il ne reste plus au lecteur qu'à se laisser bercer par la mélodie des mots -tantôt angoissante, tantôt nostalgique, sensuelle, ironique...- jusqu'à la chute dont l'effet ne manque jamais.

Un bien agréable voyage qu'on pourrait aisément faire accompagné d'une playlist de morceaux tout aussi variés que les (vrais ? faux ?) souvenirs à travers lesquels l'auteur nous emmène et qui, tel un riff endiablé, raisonnent longtemps en nous une fois la lecture terminée.

Sylvie

 


Retour lecteur: 27 avril 2015


« L'ordonnance du colonel » de Charles-Yves Guyon, un excellent recueil de nouvelles !

J'ai ouvert le livre parce que je reçois de temps en temps les nouveautés des éditions « Langlois Cécile » par la poste. J'ai parcouru la première page pour information en remontant de la boite aux lettres à mon appartement... et je suis restée accrochée. Deux bonnes heures après je l'ai quitté, à la dernière page !

Avant d'évoquer les thèmes, je voudrais dire quelques mots du style, de la manière, car ce qui m'a ferrée à la lecture c'est le rythme des récits parfaitement accordés aux sujets, et l'écriture toujours sobre, sans enjolivure, terme savant ou jargon superflu. Juste le nécessaire. Et son art consommé de la chute ! Vous le savez, la chute, c'est le ressort de la nouvelle. En général, quand le récit est bien mitonné, vous la découvrez avec surprise à la fin. Charles-Yves Guyon souscrit à cette règle, mais le fait d'une manière personnelle : dans chaque histoire, il laisse au lecteur le plaisir de la deviner ! Il a fourni tous les éléments, je vous rassure, et il n'y a pas d'autre interprétation possible, mais il s'abstient de l'énoncer.

À moi de terminer le raisonnement et de conclure ! Cela provoque une certaine jouissance. L'auteur fait appel à mon jugement, il m'interpelle, je me sens presque en position d'interlocutrice. Cette fin que je me formule à moi-même, je la déguste quand elle est délicate ou humoristique et je la digère longuement quand elle a pesé sur mon estomac.

Cadres et thèmes sont relativement classiques : faits divers, scènes de rues avec malfrats et violences ordinaires, chagrins d'amour, ruptures familiales, durs métiers, méfaits de guerre, confrontations de classes sociales. La musique, guitare et rock, est présente dans plusieurs histoires poignantes qui flirtent avec le témoignage. Je ne suis pas soldat, je ne suis pas musicien, je ne suis ni SDF, ni orphelin et pourtant je partage des sentiments et je découvre un bout de moi, ici et là, à travers ces courtes nouvelles qui me touchent.


Monique Douillet